
La photographie argentique continue de fasciner de nombreux passionnés, et parmi les appareils les plus emblématiques, la série M de Leica occupe une place à part. Si le Leica M6 a longtemps été considéré comme la référence absolue pour les amateurs d'argentique, le Leica M7 est venu proposer une approche différente, plus moderne, sans pour autant renier l'héritage de la marque allemande. Nombreux sont ceux qui se posent la question : faut-il opter pour le M7 ou rester fidèle au M6 ? Cette interrogation revient régulièrement sur les forums de photographie et dans les discussions entre passionnés de matériel photographique. Le choix n'est pas anodin, car il engage souvent un investissement conséquent et détermine le type d'expérience photographique recherchée.
Les caractéristiques techniques qui distinguent le M7 du M6
Le Leica M7 se démarque du M6 par plusieurs innovations techniques majeures qui modifient significativement l'expérience utilisateur. Alors que le M6 repose sur une architecture semi-automatique et entièrement mécanique, à l'exception de sa cellule de mesure qui nécessite une pile, le M7 introduit une automatisation plus poussée tout en conservant l'ADN de la série M. Ces différences ne sont pas qu'anecdotiques : elles répondent à des philosophies photographiques distinctes et à des besoins pratiques différents selon le type de photographie pratiqué.
L'automatisme de l'exposition : une innovation majeure du M7
La principale caractéristique qui distingue le M7 du M6 réside dans son mode priorité ouverture. Cette fonction permet au photographe de choisir l'ouverture souhaitée, tandis que l'appareil calcule automatiquement la vitesse d'obturation appropriée. Cette assistance électronique offre un gain de temps précieux, particulièrement en photographie de rue où la réactivité est essentielle. Le M7 affiche directement la vitesse sélectionnée dans le viseur télémetrique, ce qui facilite le contrôle de l'exposition sans avoir à quitter le cadrage des yeux. Cette automatisation représente un confort appréciable pour les photographes modernes habitués aux appareils contemporains.
Cependant, cette dépendance à l'électronique suscite des débats. En cas de panne de pile, le M7 continue de fonctionner, mais uniquement avec deux vitesses mécaniques de secours : le soixantième et le cent vingt-cinquième de seconde. Cette limitation contraste avec le M6 qui fonctionne à toutes les vitesses sans batterie, seule la cellule nécessitant une alimentation. Pour certains puristes, cette différence est déterminante. Ils privilégient l'autonomie totale du M6, soulignant que les pannes de piles surviennent toujours aux moments les plus inopportuns. D'autres estiment que cette crainte est exagérée, rappelant qu'une pile de rechange dans la poche suffit à résoudre le problème et que la durée de vie d'une pile dans un M6 ou un M7 est remarquablement longue.
La précision de la mesure et les modes de prise de vue
Au-delà du mode automatique, le M7 apporte plusieurs raffinements techniques. Son obturateur contrôlé électroniquement se révèle particulièrement précis, et plusieurs utilisateurs constatent que son déclenchement est plus silencieux que celui du M6, un atout non négligeable pour la photographie discrète. Les modèles dont le numéro de série est supérieur à deux millions huit cent quatre-vingt mille bénéficient également d'une amélioration du viseur avec moins de reflets parasites. Le M7 intègre en outre un correcteur d'exposition pratique et un codage DX du film qui reconnaît automatiquement la sensibilité de la pellicule chargée.
Ces avancées ont néanmoins leur contrepartie. Le M7 affiche un surpoids de soixante grammes par rapport au M6, soit environ neuf pour cent de plus, ce qui peut sembler négligeable mais se fait sentir lors de longues sessions de prise de vue. Certains porteurs de lunettes signalent également une moins bonne lisibilité de l'affichage de la vitesse dans le viseur. Un autre point soulevé concerne le temps d'attente à l'allumage et le risque de pose lente involontaire lors du chargement du film si l'appareil est mal paramétré. Ces détails, bien que mineurs, peuvent influencer le choix selon les habitudes et les exigences de chacun.
L'expérience photographique simplifiée avec le Leica M7
Choisir entre le M6 et le M7 ne se résume pas à une liste de spécifications techniques. Il s'agit avant tout d'une question de philosophie photographique et d'approche créative. Le M7 représente une transition intéressante pour ceux qui souhaitent explorer l'argentique sans renoncer totalement au confort des automatismes modernes, tandis que le M6 incarne l'essence même de la photographie réfléchie où chaque réglage est conscient et délibéré.
Une prise en main intuitive pour les photographes modernes
Pour les photographes habitués aux reflex numériques ou aux hybrides contemporains, le passage au M7 s'avère plus naturel que celui au M6. Le mode priorité ouverture, familier à tous ceux qui ont pratiqué la photographie moderne, permet de se concentrer davantage sur la composition et le moment décisif plutôt que sur les réglages techniques. Cette accessibilité ne signifie pas pour autant une simplification excessive : la mise au point manuelle par télémétrie demeure un apprentissage exigeant qui requiert pratique et attention.
Les discussions sur les forums photographiques révèlent toutefois une préoccupation récurrente : l'automatisme ne risque-t-il pas de rendre le photographe moins attentif à la lumière et moins précis dans l'anticipation de ses réglages ? Cette question divise la communauté. Certains considèrent que le M6, en imposant un réglage manuel de tous les paramètres, favorise une meilleure compréhension de l'exposition et développe l'instinct photographique. D'autres rétorquent que l'essentiel réside dans le choix judicieux de la zone de mesure, compétence tout aussi importante avec un M7 en mode automatique qu'avec un M6 en mode manuel.
La transition naturelle entre argentique et numérique
Le M7 constitue un pont intéressant entre deux mondes : il offre l'expérience tactile et contemplative de l'argentique tout en proposant une ergonomie proche de celle des appareils numériques. Cette dualité séduit particulièrement ceux qui redécouvrent l'argentique après des années de pratique numérique. Le M7 permet de retrouver le rythme posé du film, la nécessité de composer avec un nombre limité de vues par pellicule, et le plaisir d'attendre le résultat du développement, tout en conservant une fluidité de travail comparable à celle d'un appareil moderne.
Cette approche hybride n'est cependant pas universellement appréciée. Les puristes de l'argentique lui préfèrent souvent le M6 ou même le MP, ce dernier étant considéré comme l'aboutissement mécanique de la série M. Le MP offre un viseur plus performant avec un agrandissement optimisé, une cellule plus sensible, des réglages ISO métalliques plus précis, une esthétique plus discrète, des matériaux nobles et un rideau en toile amélioré. Son prix d'occasion avoisine les deux mille euros, soit environ le double d'un M6 en très bon état qui se trouve autour de neuf cents euros, et environ cinq cents euros de plus qu'un M7 qui se négocie généralement autour de deux mille euros en excellent état.
Quel appareil choisir selon votre pratique photographique

Le choix entre le M6 et le M7 dépend finalement de critères personnels qui dépassent les considérations purement techniques. Il convient d'évaluer honnêtement sa pratique photographique, ses priorités esthétiques et fonctionnelles, ainsi que ses contraintes budgétaires pour déterminer quel appareil correspond le mieux à ses besoins.
Le M7 pour une approche contemporaine de l'argentique
Le M7 s'adresse particulièrement aux photographes qui recherchent une expérience argentique modernisée. Son mode priorité ouverture se révèle précieux dans les situations dynamiques où la lumière change rapidement et où la réactivité prime. En photographie de rue, discipline où chaque instant compte, la possibilité de se fier à l'automatisme de l'exposition permet de se concentrer pleinement sur le cadrage, la mise au point par télémétrie et l'instant décisif. Le M7 convient également à ceux qui souhaitent un seul appareil polyvalent capable de s'adapter facilement à différentes conditions lumineuses sans calculs mentaux constants.
Associé aux optiques Leica réputées comme le Summicron de trente-cinq millimètres ou même aux excellentes optiques Zeiss comme le Biogon de trente-cinq millimètres ou le Planar de cinquante millimètres, le M7 offre une qualité d'image exceptionnelle. Ces combinaisons permettent d'exploiter pleinement les capacités du format vingt-quatre par trente-six millimètres et justifient l'investissement dans un système aussi coûteux. Pour ceux qui recherchent un appareil définitif destiné à un usage sur le très long terme sans perspective de revente, le M7 représente un choix judicieux, bien que la question de la réparabilité à long terme se pose avec pertinence.
Les avantages du M7 face au M6 dans différentes situations
Dans certaines configurations spécifiques, le M7 démontre des avantages tangibles sur le M6. Son déclenchement plus discret en fait un allié de choix pour la photographie documentaire ou les situations intimistes où toute discrétion est appréciée. L'affichage de la vitesse dans le viseur évite les allers-retours du regard entre le cadrage et les molettes de réglage, fluidifiant ainsi le processus créatif. Le correcteur d'exposition intégré facilite également les ajustements rapides selon l'interprétation souhaitée, un atout pour ceux qui maîtrisent les subtilités de l'exposition et souhaitent intentionnellement sur-exposer ou sous-exposer certaines scènes.
Inversement, le M6 conserve des atouts indéniables pour d'autres types de pratiques. Son fonctionnement mécanique intégral, hormis la cellule, garantit une fiabilité à toute épreuve et une réparabilité supérieure. Les ateliers de réparation en France maîtrisent parfaitement la mécanique du M6, tandis que le M7, avec son électronique plus complexe, nécessite parfois un envoi à Solms en Allemagne pour certaines interventions. Cette différence devient cruciale pour un investissement à long terme. Le M6 incarne également une philosophie photographique différente, celle de l'anticipation et du contrôle total, qui séduit les photographes souhaitant développer une compréhension profonde de l'exposition.
La question du viseur mérite également attention lors du choix. Les différents facteurs d'agrandissement disponibles, notamment le zéro virgule soixante-dix-deux et le zéro virgule cinquante-huit, influencent l'expérience selon les optiques utilisées. Un viseur zéro virgule soixante-dix-deux convient particulièrement bien aux objectifs de trente-cinq millimètres, tandis que le zéro virgule cinquante-huit s'avère plus adapté aux focales de vingt-huit millimètres. Cette considération s'applique autant au M6 qu'au M7, mais influence le confort d'utilisation global de l'appareil.
Au final, le choix entre le M6 et le M7 reflète davantage une sensibilité personnelle qu'une supériorité objective de l'un sur l'autre. Le M6, proposé d'occasion autour de neuf cents euros pour un modèle en très bon état, représente un excellent point d'entrée dans l'univers Leica pour ceux qui privilégient la mécanique pure et acceptent de gérer manuellement tous les réglages. Le M7, avec son tarif d'environ deux mille euros en excellent état d'occasion, s'adresse aux photographes recherchant un équilibre entre tradition argentique et confort moderne. Entre ces deux modèles, il existe également le M6 TTL, intermédiaire technique se situant entre huit cents et mille euros d'occasion, qui offre certaines améliorations comme une cellule plus sensible et un affichage à trois diodes dans le viseur contre deux pour le M6 classique, tout en conservant un fonctionnement essentiellement mécanique.
Pour ceux qui envisagent cet achat comme un investissement définitif sans perspective de collection, la décision doit prendre en compte non seulement les caractéristiques techniques et le budget, mais aussi la projection dans le temps. Le M7 séduira ceux qui souhaitent pratiquer l'argentique avec une approche contemporaine, tandis que le M6 comblera les puristes attachés à la mécanique traditionnelle et à l'autonomie absolue. Dans tous les cas, qu'il s'agisse d'un M6, d'un M7 ou même d'un MP pour ceux dont les finances le permettent, l'investissement dans un Leica M représente bien plus qu'un simple achat de matériel photographique : c'est l'entrée dans un univers exigeant où la qualité de construction, l'excellence optique et la philosophie de la lenteur se conjuguent pour offrir une expérience photographique unique.
